Megalodon! — Chapitre 2 : le making-of

L’illustration du chapitre 2 de notre bande-dessinée Megalodon!

Les coulisses de Megalodon! regorgent encore de mystère pour vous alors pourquoi ne pas explorer ceux du chapitre 2 ? Nous ferons d’abord un tour sur le scénario avant de nous aventurer dans les plaines du story-board. Viendront les étapes de la conception des planches : esquisses, line, aplats des couleurs, travail de la lumière avant de finir par le lettrage des bulles.

Obviously, cet article contient des spoils du chapitre 2 de Megalodon!

Qui fait quoi ?

Moon et moi, nous parlons toujours beaucoup de Megalodon! ! Depuis l’été 2018, nous effectuons même beaucoup de role play pour nous approprier les différents personnages et leurs rôles dans le récit.

Une fois que nous sommes d’accord sur l’histoire et les actions qui se déroulent dans le chapitre, Moon écrit un bref plan du chapitre. Google Doc est pour ça un très grand allié, comme il nous permet de partager les textes et de les modifier en temps réel. Moon s’occupe ensuite du scénario ! Une fois fait, je m’occupe du reste. Iel m’aide parfois pour les aplats de couleur.

Le scénario

Le scénario, c’est une description précise des scènes du chapitre. C’est Moon qui s’occupe de l’écrire avant que nous ne nous plongions toustes les deux dessus pour quelques corrections. À l’étape de la relecture, nous aimons aussi lire les dialogues à haute-voix pour trouver les mots les plus innés et les plus justes. J’ai généralement du mal à trouver des phrases naturelles mais Moon a un talent pour l’improvisation qui nous aide beaucoup !

Nous ne faisons pas attention à la forme de la narration : elle doit être efficace et aller droit au but. Les dialogues, au contraire, méritent plus de travail comme ils vont apparaître tels quels dans les planches.

Le scénario du début de chapitre

Le story-board

Je commence mon travail ici ! Dans un carnet A5 et avec un bic, j’élabore très grossièrement toutes les planches du chapitre. C’est à ce stade que nous définissons le nombre de pages qui le composent.

La deuxième page du chapitre qui ne ressemble pas à grand chose…

C’est, pour moi, l’étape la plus difficile. Comme je pars visuellement de rien, j’ai du mal à composer les planches ; ça me prend généralement beaucoup de temps. J’ai aussi peur de faire trop répétitif dans les cases. Il faut aussi que je pense au sens de lecture, à la fluidité, au placement des bulles… Ce qui me laisse penser à chaque fois qu’il faudrait que je le recommence une deuxième fois pour l’améliorer mais… la flemme est trop grande !

Les lettres dans les cases me permettent d’éviter de réécrire toutes les phrases du script : je me permets de commenter les dialogues dans ce dernier pour me repérer. J’en rajoute parfois pendant le story-board quand les dialogues me paraissent plus sensés avec quelques ajouts.

Bien sûr, la composition des planches n’est pas complètement terminée : je me permets parfois de les remanier pendant la partie des esquisses.

Les sketchs ou esquisses

Cette étape, c’est la plus longue mais aussi la plus fun à faire ! C’est elle qui donne vie aux personnages. Il faut que je fasse toujours très attention à ce que les personnages gardent les mêmes vêtements et les mêmes accessoires sans les oublier (et ça m’arrive trop souvent de les oublier ! Heureusement, Moon est là pour me le faire remarquer).

Je travaille sur le logiciel Procreate sur iPad. Ce n’est pas une application de dessin centrée sur la bande-dessinée mais c’est celle que je maîtrise le mieux et qui offre un grand et confortable espace de travail. Je trace d’abord les cases avec l’assistant de dessin qui fait en sorte qu’elles soient droites et belles. Ensuite, c’est au tour des bulles pour faire en sorte qu’aucun élément important ne se cache dessous. J’utilise du noir puisque les cases et les bulles vont être intouchées.

Pour le sketch, je pose d’abord les squelettes de mes personnages avant de tout dessiner avec précision. En général, je n’ajoute pas grand chose de plus quand je passe à l’étape suivante.

Il est important que je visualise correctement mes personnages dans les pièces : l’arrière-plan est différent en fonction de leur position et il ne faut pas que ça change sans raison juste à cause de mon inattention ! C’est difficile de toujours garder le réalisme de leur ancrage dans leur monde mais j’essaye de faire au mieux. Encore une fois, Moon m’aide beaucoup à me faire remarquer les choses qui m’échappent.

Le line

J’aime aussi beaucoup cette étape : elle est reposante et courte. Elle me permet de fignoler ce que je n’ai pas voulu faire pendant le sketch et permet un rendu très propre ! Généralement, le line c’est zéro prise de tête.

Les aplats de couleur

L’étape la plus chiante… C’est à ce moment-là qu’on décide des ambiances colorées des différentes scènes mais c’est la plus insupportable parce que c’est long de choisir les différentes couleurs, de délimiter les zones et de faire attention à ce qu’elles soient sur différents calques. Comme c’est la plus ennuyante, Moon m’aide parfois à tout remplir !

La lumière

Je trouve que l’étape de l’ajout des lumières et des ombres est celle qui va permettre de vraiment rendre les personnages plus vivants et plus ancrés à leur décor. Le plus difficile, c’est de garder la continuité lumineuse : si deux personnages se font face, la lumière les frappera différemment et il faudra donc adapter cette dernière pour qu’elle reste cohérente. C’est toujours un challenge pour moi.

Pour le chapitre 1, je me suis embêtée à faire des ombres personnalisées pour chaque couleur mais j’ai réfléchi plus intelligemment pour le 2 (oui, ça m’arrive !) et j’ai réalisé toutes les ombres sur un calque en mode « Multiplier » avec une opacité à 70%. Ça me permet donc de réaliser toutes mes ombres sans changer de couleur mais faire en sorte qu’elles soient toutes adaptées à chaque couleur. Je gagne en efficacité ! Pour les lumières, je fais pareil mais en mode « Ajouter »

Le lettrage

Cette fois, je travaille sur Photoshop ! Ce logiciel me permet de mieux mettre en page les textes et les onomatopées. Je transfère donc mes 19 fichiers et commence le lettrage en rouvrant le petit document du scénario ! J’utilise la police d’écriture JackArmstrongBB disponible gratuitement sur Procreate.

Je centre et ajuste les textes, je m’amuse pour les onomatopées… Cette étape est relativement courte et amusante à réaliser.

J’ai adoré suivre le mouvement de l’eau avec cette onomatopée !

Tada !

Et voilà le final !

En tout, réaliser un seul chapitre de Megalodon! nous aura pris trois mois (sachant qu’on s’est octroyé des pauses et qu’on avait la fac à côté) entre le 7 février (création du document du scénario) et le 11 mai (la publication sur le site !) Nous sommes très heureuxses du chapitre final et nous espérons que vous l’avez aimé autant que nous avons apprécié le faire !

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